Deux mois après la finale controversée de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le feuilleton judiciaire continue d’alimenter les débats dans le monde du football africain. Opposés lors de l’ultime rencontre, le Sénégal et le Maroc restent au cœur d’un litige inédit, né d’une décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer le titre aux Lions de la Teranga, pourtant vainqueurs sur le terrain (1-0 après prolongation).
Au cœur de cette affaire, un incident survenu dans les toutes dernières minutes du match. Alors qu’un penalty est accordé au Maroc, les joueurs sénégalais quittent la pelouse pour protester contre cette décision arbitrale, provoquant une interruption de la rencontre. Cet acte, jugé contraire aux règlements par l’instance dirigeante du football africain, a conduit à une sanction lourde : le retrait du trophée au Sénégal, initialement sacré champion.
Cette décision, prise a posteriori par la CAF, a suscité une vive incompréhension du côté des autorités sénégalaises. Considérant la sanction comme disproportionnée et contestable sur le plan réglementaire, la Fédération sénégalaise de football a rapidement saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), juridiction internationale compétente pour trancher les litiges sportifs. La procédure est désormais en cours, et un verdict n’est pas attendu avant plusieurs mois, compte tenu de la complexité du dossier et des enjeux qu’il implique.
Interrogé par le média espagnol Marca, l’avocat Romain Bizzini, spécialiste reconnu du droit international du sport, a apporté un éclairage juridique sur les différentes issues possibles. Parmi les scénarios évoqués figure celui, théorique, d’un match rejoué. Une hypothèse qui, bien que juridiquement envisageable dans certains cas exceptionnels, apparaît ici peu probable au regard des règles en vigueur.
Selon l’analyse de l’expert, les textes réglementaires de la CAF encadrent strictement les conditions dans lesquelles une rencontre peut être rejouée. En règle générale, cette option est réservée à des situations où des irrégularités majeures ont directement affecté le déroulement du match, comme des erreurs techniques manifestes de l’arbitrage ou des circonstances extérieures ayant empêché la tenue normale de la rencontre. Dans le cas présent, le différend porte davantage sur le comportement des joueurs et la gestion d’un incident en fin de partie, plutôt que sur une impossibilité de jouer ou une violation flagrante des règles de jeu.
Romain Bizzini souligne ainsi que le TAS privilégie généralement des décisions proportionnées et conformes aux règlements existants. Dans cette logique, la juridiction pourrait soit confirmer la sanction de la CAF, soit l’annuler partiellement ou totalement si elle estime que celle-ci est juridiquement infondée ou excessive. En revanche, l’organisation d’un nouveau match constituerait une mesure exceptionnelle, rarement retenue dans ce type de contentieux.
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