L’enquête ouverte à Tivaouane après l’interpellation mouvementée d’un homme accusé de pratiques homosexuelles prend une ampleur inattendue. L’exploitation du téléphone portable du mis en cause, Madiama Diagne, un marchand de 32 ans domicilié au quartier Darou Salam, a permis de mettre au jour des vidéos et des échanges qui orientent désormais les investigations vers un réseau d’individus basés à Dakar, Mbour et Tivaouane.
Les faits remontent à la nuit du mercredi 18 février 2026. Aux environs de deux heures trente du matin, les sieurs C. Khouma et C.T. Sarr se sont présentés au commissariat urbain de Tivaouane. Ils n’étaient pas venus déposer une plainte, mais conduire de force un homme qu’ils venaient d’interpeller dans des circonstances particulières. Cet homme a été identifié par les services de police comme Madiama Diagne, âgé de 32 ans, marchand de profession, célibataire sans enfant, domicilié à Tivaouane au quartier Darou Salam, plus précisément au secteur de Thialé.
Les deux individus qui l’ont conduit au commissariat ont expliqué aux officiers de police les raisons de cette interpellation musclée. Selon leur déposition, Madiama Diagne aurait cherché à entretenir des rapports sexuels contre nature avec un jeune homme prénommé Ada. Ce dernier, loin d’être consentant, aurait joué un rôle actif dans l’interpellation du présumé homosexuel. Selon les premières déclarations recueillies, le nommé Ada aurait sciemment tendu un piège à Madiama Diagne en acceptant un rendez-vous, avant de prévenir C. Khouma et C.T. Sarr. Ces derniers ont ainsi pu pénétrer dans la chambre du mis en cause, située au quartier Darou Salam, et le maîtriser avant de le traîner jusqu’au commissariat.
Placé en garde à vue, Madiama Diagne a été soumis à un premier interrogatoire. Lors de cette audition, il a confirmé sans détour son orientation sexuelle. Selon le procès-verbal de son audition, il a déclaré aux enquêteurs qu’il se livrait à des pratiques homosexuelles depuis sa tendre jeunesse, sans jamais chercher à les dissimuler pleinement. Il a également avoué entretenir des relations sexuelles régulières avec d’autres hommes, reconnaissant ainsi l’existence d’un cercle de relations bien plus large que le simple rendez-vous manqué avec le dénommé Ada.
Au fil des questions, Madiama Diagne a commencé à livrer des noms et des lieux. Il a mentionné un partenaire régulier domicilié dans la ville de Mbour, sans toutefois donner dans l’immédiat son identité complète. Il a également évoqué un certain I. Diouf, un homme basé à Dakar, plus précisément au quartier des Parcelles Assainies. Avec ce dernier, Madiama Diagne a reconnu avoir échangé des appels vidéo à caractère intime, évoquant des conversations et des images transmises par le biais de son téléphone portable.
Face à ces déclarations, les enquêteurs ont décidé de pousser plus loin leurs investigations. Après avoir requis le consentement du mis en cause, ils ont procédé à l’exploitation complète des données contenues dans son téléphone portable. Cette analyse technique a rapidement porté ses fruits. Les enquêteurs ont mis la main sur de nombreuses séquences vidéo et images obscènes. Ces documents montrent clairement des hommes en plein ébats sexuels, confirmant ainsi l’existence de relations suivies et diversifiées.
L’exploitation du téléphone a également permis d’identifier d’autres interlocuteurs réguliers. Des conversations datées et des échanges de photos suggèrent que Madiama Diagne entretenait des liens suivis avec plusieurs individus, non seulement à Tivaouane, mais également dans d’autres localités. Les enquêteurs travaillent désormais à l’identification formelle des personnes apparaissant sur ces images et à la localisation précise de ces individus. Des investigations sont en cours pour leur mettre la main dessus et les entendre dans le cadre de cette affaire.
Parallèlement à l’analyse du contenu du téléphone, les forces de l’ordre ont procédé à une perquisition au domicile de Madiama Diagne, sis au quartier Darou Salam. Cette descente sur les lieux a permis la découverte d’un matériel évocateur. Les policiers ont saisi une quantité importante de préservatifs, plusieurs tubes de lubrifiants intimes, ainsi que des huiles de massage destinées à des usages corporels. Ils ont également trouvé des produits traditionnels locaux, notamment ce qui est communément appelé des « bine-bine », des mouchoirs utilisés à des fins hygiéniques spécifiques.
La perquisition a également mis au jour une pommade destinée à l’usage postérieur, des produits aphrodisiaques destinés à stimuler les performances sexuelles, ainsi qu’un gommage pour le visage et une crème hydratante. Cet ensemble de produits, selon les premières constatations, conforte l’hypothèse d’une activité suivie et organisée, loin de la simple relation occasionnelle.
À l’issue de ces premières investigations, Madiama Diagne a été maintenu en garde à vue au commissariat urbain de Tivaouane. Les chefs de poursuite retenus contre lui pour l’heure sont « actes contre nature » et « détention d’images obscènes contraires aux bonnes mœurs ». Ces qualifications s’appuient sur les dispositions du code pénal sénégalais réprimant les relations homosexuelles et la possession de contenu pornographique.
L’enquête se poursuit activement. Les enquêteurs tentent désormais de remonter la chaîne des correspondants de Madiama Diagne. Les vidéos découvertes dans son téléphone pourraient impliquer d’autres personnes, potentiellement résidant à Dakar, Mbour et Tivaouane. Si les identifications aboutissent, ces individus pourraient être à leur tour convoqués, entendus et poursuivis pour des faits similaires.
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